Emerging IT

Le Lab·Publié le par Philippe Candido

Et si le problème de l'IA, ce n'était pas les utilisateurs, mais les outils qu'on leur propose ?

Retour du Salon des Communes des Alpes-Maritimes : CityPilot, une IA 100 % locale, et une conviction sur ce qui freine vraiment l'adoption de l'IA.

intelligence artificiellecollectivités territorialesinnovationCityPilot

Illustration générée avec ChatGPT : Philippe, câble d’alimentation à la main sur le stand EMERGING IT, montre CityPilot à une visiteuse ravie ; l’écran affiche un montant corrigé à 13 650 € HT

Jeudi 15 octobre, nous étions présents avec EMERGING-IT au Salon des Communes et Intercommunalités des Alpes-Maritimes, à Mandelieu.

Nous avions la chance d’avoir le tout premier stand à l’entrée. Autant dire que pratiquement tous les visiteurs passaient devant nous !

Stand G1 Emerging-IT : la tente EMERGING IT, son kakémono et le poste de démonstration, écran éteint

Sur la photo, vous remarquerez peut-être un détail : l’écran est éteint.

Oui, j’avais oublié son câble d’alimentation. Pour un informaticien, ça commence bien ! 😂

Après une petite recherche en urgence, problème réglé. Nous étions prêts à présenter CityPilot, une application que nous avons développée spécialement pour ce salon.

Une IA entièrement locale

Notre particularité ? Nous avions apporté une vraie application fonctionnelle, avec une IA qui travaillait entièrement en local, sans aucune connexion Internet.

Et sur un salon, c’est loin d’être un détail !

Entre les réseaux Wi-Fi saturés et la 5G parfois inutilisable, pouvoir continuer à faire des démonstrations sans dépendre d’une connexion extérieure était plutôt appréciable.

L’intelligence artificielle tournait sur un petit ordinateur NVIDIA, un ASUS Spark GB10, directement sur notre stand.

La réaction des visiteurs

Mais le plus intéressant n’était pas la technologie. C’était la réaction des visiteurs.

J’avais imaginé un outil pour aider les élus à mieux suivre leurs dossiers et prendre leurs décisions.

Finalement, les personnes qui ont manifesté le plus d’intérêt étaient souvent les adjoints et les collaborateurs des maires.

Pourquoi ? Parce qu’ils voyaient immédiatement ce que l’application pouvait leur apporter dans leur travail quotidien.

Un exemple concret

Prenons un exemple concret.

Une mairie prépare des travaux de rénovation dans une école. Le dossier contient des devis, des demandes de subvention, des courriers et des documents administratifs.

CityPilot analyse ces documents, retrouve les montants, les échéances et les informations importantes, puis établit des liens entre les différentes pièces.

Jusque-là, c’est déjà intéressant.

Mais ce qui a vraiment retenu l’attention, c’est ce qui se passait lorsqu’on ajoutait un nouveau document.

L’application reprenait son analyse, identifiait les changements et recalculait les montants.

Un courrier modifie le périmètre des travaux ? L’IA détecte la différence, met en évidence les chiffres modifiés et signale les éventuels écarts budgétaires.

Pas besoin de relire manuellement sept documents pour comprendre ce qui vient de changer.

Analyse nouveaux fichiers

Et là, les visiteurs commençaient à imaginer toutes les utilisations possibles dans leur propre collectivité.

Des démonstrations qui font évoluer l’application

Le plus amusant, c’est que les démonstrations ont aussi fait évoluer l’application !

Au fil de la journée, plusieurs visiteurs m’ont proposé des idées auxquelles je n’avais pas forcément pensé.

  • La gestion des droits d’accès, par exemple : qui peut consulter tel dossier ? Qui peut y ajouter des documents ?
  • Autre demande récurrente : pouvoir choisir entre une IA locale et un fournisseur externe, comme Mistral AI ou OpenAI.

Cette dernière fonctionnalité, je l’ai développée depuis le salon.

Et je dois reconnaître que les résultats avec Mistral Large 4 sont particulièrement convaincants sur mes premiers essais.

Combien coûte une IA externe ?

Une question revenait également : combien coûte l’utilisation d’une IA externe ?

Pour donner un ordre d’idée, j’ai fait tourner des tests automatisés pendant pratiquement une journée entière. La consommation facturée est restée inférieure à un dollar.

Fournisseurs IA avec suivi de la consommation

Évidemment, ce n’est pas un tarif universel : tout dépend du nombre de documents, de leur taille et du modèle utilisé. Mais cela permet de relativiser certaines idées reçues sur le coût de l’IA.

Plusieurs personnes m’ont même demandé si CityPilot était déjà commercialisé.

J’ai dû leur expliquer que cette application était avant tout un démonstrateur, développé pour montrer notre savoir-faire.

Et c’est probablement le meilleur retour que je pouvais espérer.

Le vrai enjeu : construire les bons outils

Je repars surtout de ce salon avec une conviction renforcée.

On entend souvent dire que les entreprises, les collectivités ou leurs collaborateurs sont en retard dans l’adoption de l’intelligence artificielle.

Mais après tous ces échanges, je me demande si le problème ne se situe pas ailleurs.

Les gens n’ont pas forcément envie d’apprendre à rédiger des prompts, à choisir entre quinze modèles ou à comprendre comment fonctionne un LLM.

Ils veulent simplement pouvoir faire leur travail plus facilement.

Et lorsqu’on leur montre une application qui utilise l’IA pour résoudre un problème concret, sans leur demander de changer complètement leurs habitudes, l’intérêt devient immédiat.

Peut-être que le véritable enjeu de l’IA n’est pas d’apprendre à tout le monde à l’utiliser.

C’est de construire les bons outils pour que tout le monde puisse en bénéficier, presque sans avoir à y penser.

C’est en tout cas ce que je retiens de cette journée.


Et vous, pensez-vous que l’adoption de l’IA passe davantage par la formation des utilisateurs ou par la création d’outils adaptés à leurs métiers ?

Philippe

Tous les articlesHaut de page